Quelle est donc cette ineffable paix ? Tu as pourtant toutes les raisons d'être envahi de plus pures et tristes ressentiments, mais ce n'est pas le cas. Tu en es fier, d'avoir enfin trouvé cette délectable sérénité. Tu redeviendras toi-même, tu en es sûr. Tu ne laisseras plus cette docilité trop manifeste, te laisser entraver ton chemin. Non, ta platitude resteras enterrée au plus profond de tes abîmes avec tes peurs, ta passivité, et tes déceptions, et ta culpabilité. Ta majestueuse véhémence, ta fougue frénétique pour la Vie, tu ne les abandonneras plus, tu en as fait l'indicible promesse. Tu vas souffrir, tu le sais ; tu vas aimer, du moins tu l'espères : et on t'aimera, peut-être ; tu redeviendras triste et en colère, c'est une certitude. Mais, pour rien au monde tu ne perdras ce goût impétueux pour la liberté, ta liberté. Et cette foi, elle ne t'a jamais été étrangère, elle est ancrée, et sans doute jusqu'à ton inéluctable repos. Tu veux faire parti de ceux qui réalisent leur rêve alors tu évolues, tu fais naître cette ardeur, cette extraversion, cette désinvolture qui te permettront de parvenir à ce but suprême dont toute ta vie en seras la quête. Ce matérialisme, cette malice ne seront que le bruit de fond qui les rassureront tous. Au fur et à mesure que les jours illuminent ce que tu appelle ta 'chambre vide', tu deviens plus confiant en cet inflexible objectif.